Histoire partie 1

xx Avant propos
xx Chronologie
xx Remerciements
01 Secret of Inner Sanctum
02 Gates to another world
03 Isles of Terra
04 Clouds of Xeen
05 Darkside of Xeen
06 A strategic quest

Histoire partie 2

07 The succession war
08 Restoration of Erathia
09 Mandate of heaven
10 For blood and honor
11 Day of the destroyer
12 Writ of fate
13 Quest for the new world
14 Isabel's war
15 Heroes

Hors série

xx King's bounty
xx King's bounty : the legend
xx Arcomage
xx Dark Messiah
xx Heroes Kingdoms
xx Might & Magic Tribute
xx Warriors of Might & Magic
xx Legends of Might & Magic
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Graphismes 12/20

Bien que respectables à l’époque, les graphismes ne passent pas les outrages du temps, en dehors de quelques cinématiques vraiment bien foutues. Cependant le rendu bitmap 2D est bien plus agréable que certaines productions full 3D anguleuses de la même période.

Jouabilité 16/20

Un gameplay d’une grande richesse grâce à un univers immense et à une foule de quêtes variées. Le système de jeu est bien pensé et l’utilisation d’un moteur 3D offre une grande immersion. Le mode tour par tour permet de prendre son temps même en situation de crise et la sauvegarde est possible à tout moment.

Durée de vie 18/20

Tout simplement impressionnante, c’est un peu long à démarrer mais une fois que l’on s’est pris au jeu on a bien du mal à s’en décoller. Il n’est pas rare que le joueur débutant étale sa partie sur des mois, voire des années.

Bande son 17/20

Des musiques franchement superbes. S’il y a bien un point pour lequel même aujourd’hui cette saga brille, c’est par ses compositions musicales qui plongent le joueur dans l’ambiance.

Scénario 18/20

Une intrigue principale complexe et de très nombreuses quêtes annexes, un scénario bien ficelé qui nous emporte très loin au cœur de complots obscurs.

Note Générale 18/20

Un titre à découvrir absolument pour tous les fans de jeux de rôle.

 

 
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S’il ne devait y en avoir qu’un, que ce soit celui-là !

Alors que l’espoir renaît sur Enroth, voici que débarquent des monstres venus de l’espace et que tout se dérègle.

C’est avec cet opus que New World Computing signe son grand retour au jeu de rôle, un style délaissé depuis "World of Xeen" au profit de "Heroes Of Might and Magic", la partie stratégie de la saga.

"Might and Magic VI - Le mandat céleste" propose d’incarner quatre aventuriers qui tombent par hasard sur des lettres dénonçant un infâme complot visant le pouvoir en place dans le monde d’Enroth.

Dès la première cinématique le jeu interpelle, l’introduction est longue mais elle présage un scénario que l’on devine riche et travaillé.

Le joueur à le choix entre 4 races, 9 classes de base, 26 compétences, 9 écoles de magie, de quoi s’y perdre pour le débutant qui choisira certainement la constitution d’équipe automatique.

Une fois votre équipe prête le jeu commence et vous vous retrouvez devant l’entrée d’un village, vous voilà lâché dans les contrées d’Enroth sans le moindre petit didacticiel, à partir de là à vous de vous débrouiller.

Le jeu se joue essentiellement au clavier, la souris n’intervient que pour les longues sessions d’inventaire et les interactions précises avec le décor ou les PNJ, de fait les commande sont rapide à saisir, au pire un petit passage dans la configuration des touches et le problème sera réglé. Un vrai bonheur pour ceux qui ont connus les premiers épisodes de la série.

Les territoires à découvrir sont immenses, comme d’habitude, et l’essentiel du jeu repose sur l’exploration. Le monde est ouvert et le jeu non linéaire, vous pouvez très bien décider de passer 3 mois à explorer les cartes de la région avant de vous lancer dans la quête principale, mais attention, bien qu’il n’y ait pas de limite définie, sachez que le temps à son importance et influe sur votre score.

L’action se déroule au tour par tour ou en temps réel, ce qui permet d’écourter des phases de déplacement souvent longue lorsque vous les faites à pied et au contraire de prendre son temps au moment des combats. A un certain niveau vous pouvez également choisir de vous battre en temps réel sans que ça nuise à la jouabilité.

Les régions sont peuplées de nombreux PNJ qui vous apportent une aide précieuse grâce aux informations qu’ils vous révèlent et à leurs compétences spéciales que vous pouvez utiliser en les enrôlant. Il est ainsi possible d’accéder rapidement à des sortilèges de très haut niveau en engageant momentanément un PNJ au niveau maître.

Le nombre d’ennemi est tout bonnement effarant, certaines zones grouillent littéralement de monstres redoutables, le mode tour par tour s’avérera des plus utiles pour passer entre les gouttes ou éviter de se faire submerger par le nombre.

Le système de combat est plutôt bien fait avec la possibilité de gérer tranquillement ses personnages en tour par tour, c’est là qu’une équipe équilibrée composée d’un barbare, un archer, un clerc et un magicien se révèle extrêmement efficace, ou d’assigner des commandes pour défourailler sur tout ce qui bouge en temps réel, une tactique qui se révèle souvent tout à fait inefficace au début de ce genre de jeu.

On découvre avec joie un système d’expérience plutôt gratifiant avec notamment des spécialisations et des compétences, chaque compétence pouvant être portée au niveau maître avec trois paliers (novice, expert, maître). Les compétences s’acquièrent chez les artisans et les points dans les centres d’entraînements.

Les objets, armes, armures sont très nombreux et on se délecte à ramasser des items toujours plus puissants, on regrettera cependant l’absence de crafting si ce n’est la possibilité de réparer et d’enchanter soi-même les objets.

Si les graphismes ont pris un coup de vieux, les moteurs graphiques des Might and Magic de cette époque n’étaient pas leur point fort il faut l’avouer, les musiques sont, elles, de toute beauté et ajoutent une ambiance unique qui compense un peu l’aspect visuel et ajoute à l’immersion.

Les donjons sont pour la plupart gigantesques, peuplés de hordes d’ennemis, de pièges et de mécanismes secrets, il est facile de s’y perdre et encore plus d’y mourir.

Le jeu trouve son équilibre entre les phases d’explorations libres, et les donjons très stressants. Rien ne vous oblige à finir un donjon en une fois, les ennemis ne respawn qu’au bout de plusieurs semaines, voire plusieurs mois, ce qui vous laisse libre de vous attaquer à une zone par petits bouts et d’y revenir plus tard.

On appréciera le système d’inventaire et d’équipement du personnage, très visuel, on se régale à voir évoluer le look de nos héros, ainsi que le système de magie et ses livres de sorts qui se comptent au nombre de 10, comprenant chacun 11 sortilèges dont la puissance dépend du niveau de maîtrise dans la compétence magique requise.

Certains sortilèges sont extrêmement puissants, trop même, à tel point qu’il est presque impossible de s’en servir hormis dans une ou deux régions précises. Les sorts de Portail de Rappel et Balises de Lloyd sont particulièrement pratique pour s’éviter de longs trajets.

Enfin, on retiendra de ce jeu sa durée de vie sidérante d’environs 300 heures pour une partie normale. C’est un jeu difficile, qui demande beaucoup de patience, mais qui s’avère indéniablement immersif et fortement addictif.

 

 

Le Roi Roland a disparu

La panique gagne toutes choses, tous les hommes et toutes les femmes. Certains prétendent que la Fin du Monde approche, qu’ils l’ont lu dans les étoiles. Et, la nuit venue, nombreux sont ceux et celles qui tremblent de peur. D’autant qu’un petit nombre observent ces étoiles pour y chercher des conseils absurdes et répandent leurs interprétations malhonnêtes nées de leur propre imagination démoniaque. Ils nomment ce nouveau culte de l’Ordre du Temple de Baa, fondé sur la peur, l’incertitude… ainsi que sur un appétit malsain pour la Fin du Monde. Leur terrible désir les conduit à répandre de part les terres les germes d’un désastre inévitable.

Il faut dire que le monde est une terre fertile pour ces adorateurs terribles du culte de la Fin du Monde. Alors que le Roi Roland a disparu, le Prince Nicolaï est encore trop jeune pour régner et la Reine Catherine a fait un long voyage, jusqu’en Erethia où son père doit être enterré. Un Conseil d’aristocrates tient les rênes du Royaume, et c’est sans noblesse qu’ils mènent leurs vaines querelles internes contre les Vassaux. Alors que tous s’entre-déchirent pour obtenir un peu plus que les autres, l’Ordre du Temple de Baa voit son influence grandir dangereusement. Je crains que les aristocrates ne mettent fin au règne du Roi Roland pour le remplacer par quelque théocratie.

Pire encore, j’aurais tendance à croire en cette persistante rumeur, qui voudrait que l’un des membres du conseil ne soit autre que le Grand Prêtre de l’Ordre du Temple de Baa. Vous aurez l’occasion d’en juger par vous-même puisque vous ne pourrez éviter les contacts avec le Conseil lors de votre périple en Enroth. Eux seuls pourraient vous mettre en présence du puissant Oracle, et ils ne le feront pas sans contrepartie.

Ils vous confieront probablement, à vous et à vos compagnons, des quêtes qui vous détourneront de votre objectif principal, l’éradication du mal qui ronge le pays. Si vous vous laissez manoeuvrer, nos mondes disparaîtront. Ne l’oubliez jamais ! Mais, si vos compagnons et vous-même profitez de chaque aventure pour gagner en expérience et en adresse, alors vous pourriez rester dans la légende comme ceux qui auront réaffirmé Le Mandat Céleste, le droit divin de régner.

Le mandat céleste


De quelle Mission s’agit-il ?
Celui qui ignore la réponse à cette question, restera à jamais ignorant. Certains la définissent comme l’ordre moral de l’univers par opposition à la froide terreur née des étoiles. Faire ce qui est juste, et non ce qui est avantageux pour soi-même. Si cela semble évident, hélas, nombreux sont les souverains qui s’imposent par la force plutôt que par le respect. Lorsqu’un roi respecte l’ordre moral, alors il est digne de régner. Dans le cas contraire, il n’a rien à faire sur un trône et n’a aucun droit de s’y asseoir, car il n’est pas digne de la Mission Céleste.

L’Ordre du Temple de Baa complote afin de briser à jamais ce pacte entre les Dieux du Ciel et les souverains de notre terre. Ses disciples tentent même d’effacer des mémoires l’idée d’une Mission en accentuant leurs descriptions des monstruosités et du désastre qui accompagneront la Fin du Monde. Ils parviennent peu à peu à convaincre les citoyens que le Roi Roland n’est plus digne de régner. Les disciples fomentent également une rébellion, qui serait seule à même de retrouver les faveurs des Dieux. Et cette rébellion amènerait naturellement leur culte, si « proche des gens » et si « lucide », au pouvoir. L’Oracle connaît ces choses mieux que quiconque. Pendant des siècles, elle a été garante du Mandat Céleste auprès des hommes. Trouvez-la et elle pourrait vous aider à stopper cet infernal engrenage de destruction de l’ordre, et peut-être même à réparer le mal déjà accompli. Si vous échouez, vous devrez vous résigner à apprécier le Chaos.


28 Juillet 1152


Ma bien-aimée Catherine,

Je mets tous mes espoirs dans cette lettre afin qu’elle parvienne à rassurer les craintes que vous avez émises au sujet de ma sécurité et de celle de mes hommes. Comme vous devez le comprendre, il n’y avait nul moyen d’éviter ce voyage. L’enquête sur la mort de Kilburn et la nomination pour Blackshire nécessitent ma présence. En outre, je ne me suis pas rendu dans le Nord-Ouest depuis des lustres. Cela me peine de penser que vous ayez à porter le fardeau de l’inquiétude pendant mon absence, aussi brève soit elle. Je vous supplie, ma chérie, de croire en cette promesse que je reviendrai sain et sauf avant la fin de Septembre. Que pourrait-il donc m’arriver ? Cinq cent hommes d’arme, tous vétérans de la campagne d’Archibald, cheminent à mes côtés. Je suis un monarque populaire en territoire ami où rien ne laisse augurer une quelconque rébellion ou jacquerie. Les gens se massent à notre passage dans tous les hameaux et villages de la contrée, pour admirer brièvement leur roi et ses troupes.

Rien ne saurait entraver notre chemin et aucun danger ne nous attend. Même les monstres se font rares, nous n’avons guère vu plus d’une poignée de gobelins et d’ogres, et pas un seul dragon. Pour toute peine, nous n’avons eu qu’une tempête de neige particulièrement violente à affronter alors que nous pénétrions dans le village de Rockham. Aussi étrange que cet événement puisse vous paraître, il n’eut aucune conséquence, car les villageois s’empressèrent de nous héberger dans leurs maisons et leurs granges. Sur tous ces démons qui infestent prétendument la contrée, nous n’avons entendu que de vagues rumeurs. Pas une âme qui ait été témoin d’une apparition de ces démons, personne non plus qui sache où reposent les corps de Lord Kilburn et de ses Rangers. En guise de démons, nous combattons âprement ces moustiques géants qui apprécient tant les marais. Satanés suceurs de sang ! Je gagnerai ma place dans l’Histoire si je parvenais à débarrasser le monde de leur importune présence.

Non, Catherine, les meurtriers de Lord Kilburn sont plus communs que des démons, certainement quelques dragons ou une troupe de bandits de grand chemin. Quoi qu’il en soit, nous devons nous emparer de ces malfaisants rapidement et mener devant la justice les coupables s’ils sont humains, ou les exterminer s’il s’agit de monstres. Je ne peux tolérer qu’on s’en prenne à mes hommes impunément. A présent, une fois encore, je vous supplie de taire vos craintes et de croire en mon retour dès Septembre. Dites à notre fils Nicolaoe tout mon amour, et sachez que mon coeur vous appartient à jamais.
Vôtre pour l’éternité,
Roland Ironfist


4 Août 1152


Chère Catherine,

A cause de la tempête de neige que j’évoquais dans ma dernière lettre, nous sommes parvenus à Blackshire avec un jour de retard. Lorsque vous recevrez cette lettre, nous nous serons remis en marche afin d’étudier les quelques pistes que nous avons découvertes en ville. L’expédition de Kilburn a apparemment disparu à quelques jours de marche à l’Ouest de Blackshire, nous devrions donc atteindre sous peu le lieu de son dernier combat et commencer à traquer les meurtriers.

L’accueil de Blackshire fut enthousiaste et il ne me fallût que quelques heures pour désigner le nouveau juge de paix. Il se nomme Acton Spindler, et remplacera mon vieil ami Aaron Hampton. J’ai de bonnes raisons de penser que Hampton a été assassiné, empoisonné probablement, mais je n’ai guère le temps de m’occuper personnellement de cette nouvelle affaire. J’ai toutefois laissé Fineous Hogworth derrière moi pour procéder à une enquête.

Habituellement, je ne me mêlerais pas d’affaires criminelles locales, cependant la mort de Hampton me laisse un étrange pressentiment. Il n’y a probablement rien de particulier, mais j’attends avec impatience le rapport de Hogworth. Dans l’intervalle, je poursuis mes propres recherches sur le meurtre de Kilburn.

Hier soir, à la taverne de Blackshire, un messager très nerveux, m’a remis une lettre de la part d’un inconnu « qui n’avait pas l’air humain », mais l’avait bien payé pour cette course. Alors que je lui intimais de m’en faire une description plus précise, il pût seulement me dire que l’inconnu était de grande taille, pourvu de larges épaules : « Vous savez GRAND, comme s’il tenait à peine dans son propre corps ». Il m’indiqua encore que l’inconnu portait un large chapeau, .à même de cacher des oreilles inhumaines. Il s’avéra que la lettre était une carte approximative de la région, indiquant le dernier campement connu de Kilburn par un cercle tracé à l’encre rouge et entourant son nom. J’y vois un piège trop évident, qui cache à n’en pas douter un plan plus retors, dont je ne devine pas encore les détails ni l’objet. Ou peut-être l’étranger essayait-il de m’aider honnêtement tout en conservant son anonymat ? De toutes façons, aucun piège, fût-il l’oeuvre d’un humain ou d’un monstre, ne pourrait venir à bout de ma troupe. La prudence nous guidera et nous découvrirons ce dont il retourne sans danger.

Je vous écrirai évidemment, aussitôt que j’atteindrai Edenbrook. Votre pensée m’accompagne à tous les instants, et vous me manquez terriblement. Faites-vous la messagère de tout l’amour d’un père auprès de Nicolaoe.

Tendrement,
Roland Ironfist


11 Août 1152


Chère Catherine,

Je ne saurais prétendre que notre voyage vers Edenbrook ne fût mouvementé. Alors que nous approchions de la ville, nous nous retrouvâmes à contre-courant d’un flot de réfugiés fuyant celle-ci, qui eut tôt fait de se transformer en une véritable marée humaine. Lorsque nous interrogeâmes quelques uns d’entre eux, ils nous dirent que l’on avait repéré une armée de « Démons », marchant et bondissant vers Edenbrook, ville sans muraille ni garnison à résidence. J’augmentai aussitôt l’allure afin de parvenir à la ville avant que ces monstres ne la mettent à sac.

Ce ne fût pas en pure perte puisque nous pûmes atteindre Edenbrook, plusieurs heures avant l’ennemi. Epuisés et peu entraînés à combattre un ennemi inconnu, mes hommes se préparèrent à la bataille. Je plaçai les archers sur la colline qui surplombe le village, ordonnai à l’infanterie de se disperser dans les maisons qui bordent la route principale et mit la cavalerie en réserve, cachée derrière les collines. Pour refermer mon piège, j’envoyai trente cavaliers au devant des ennemis pour appâter ceux-ci. Ce fut un succès total, les démons, dépourvus de toute discipline comme d’intelligence tactique, se lancèrent aveuglément à la poursuite de mes cavaliers. Ils passèrent sans les apercevoir devant mes archers, déchaînés contre les quelques cavaliers que je leur avais envoyés. Je refermai le piège en donnant le signal d’attaque à mes archers alors que des centaines de bêtes, les plus sales, malveillantes et stupides qu’il ait été donné de voir sur la terre, arrivèrent à portée d’arc. Une pluie de flèches s’abattit sur les démons, tandis que l’infanterie manoeuvrait pour leur couper l’entrée du village. Avant que le son du premier choc des armées ne s’estompe, ma cavalerie légère s’élança à travers les rangs des démons désemparés en les taillant de leurs lances et épées. Puis la bataille commença à faire rage, tout ce que à quoi nous parvînmes, fût de tenir nos positions contre cette horde démoniaque.

Bien que la bataille fut brève, je pourrai conter nombre actes de bravoure, citer nombre de soldats qui s’y sont distingués. Sir Ragnar sauva de peu Tanir, le grand archimage, d’une mort certaine. Ce dernier était assailli par cinq démons simultanément alors qu’il venait d’échouer à lancer son sort de boule de feu. Ragnar chargea les ennemis en faisant tournoyer son épée sauvagement tout en hurlant comme un barbare. Son premier coup sépara une tête d’un corps alors que son second atteignit directement le coeur noirâtre d’un démon. Les trois autres démons allaient s’emparer de lui quand Tanir les éventra tous grâce à son célèbre sort d’Implosion, juste à temps pour sauver Sir Ragnar. Il récupère à présent dans la Maison des Soins d’Edenbrook et devrait être sur pieds d’un jour à l’autre.

Malheureusement, beaucoup n’eurent pas cette chance. D’autres, qui survécurent au combat, furent plus tard victimes de maladies incurables selon notre docteur, dues à la saleté des pinces des Démons. En tout, quatre-vingt trois hommes tombèrent sous les coups des Démons. Nous ne pouvons cependant que remercier la providence d’être arrivés à temps à Edenbrook pour sauver des centaines de nos gens, autrement promis à une mort certaine. Les pertes des Démons furent bien plus élevées, deux cent soixante-douze gisaient sur le champ de bataille. Les survivants, un peu moins de la moitié, reculèrent comme un seul homme, obéissant à un signal invisible ; nous étions trop fatigués pour leur donner la chasse. Après une pause ici, nous les traquerons et les exterminerons.

Je vous rassure, j’ai survécu à la bataille, sans la moindre blessure. Je crains à présent que mes mots ne vous inquiètent mais suis certain que vous ne me pardonneriez pas de vous conter autre chose que la pure vérité. Je charge mon conseiller, Sulman, d’avertir les familles de ceux qui sont tombés, en même temps que de nombreuses autres tâches, dont celle de vous apporter ces lettres. Il saura faire preuve de tact en la matière et choisir le messager le plus rapide pour que ces lettres vous parviennent au plus vite.

Pour l’éternité,
Roland Ironfist

P.S. : Je vous adresserai une nouvelle lettre aussitôt que nous aurons rattrapé et éradiqué cette troupe démoniaque. Vous et Nicolas devriez avoir de mes nouvelles dans moins d’une semaine.


18 Août 1152


Chère Catherine,

Avant que le soleil ne se fut levé sur le champ de bataille d’Edenbrook, nous partîmes à la poursuite des démons. Des nuages envahissaient le ciel, identiques à ceux qui nous avaient retardé à Rockham, signe d’une possible chute estivale de neige. Hardiment, mes hommes pressaient le pas, avides de venger leurs camarades tombés, et de renvoyer ces démons en enfer.

Les démons semblèrent infatigables d’abord, ne stoppant que pour s’abreuver et fuyant aussi vite que l’obscurité devant l’aube. Nous les poursuivîmes des jours durant, même s’ils semblaient gagner mile après mile sur nous. Nos marches forcées et nos trop brefs moments de repos rendaient ces chaudes journées d’été cauchemardesques et quelque peu déboussolantes. Plusieurs hommes tombèrent de trop de fatigue et de chaleur accumulées, et nous dûmes nous résoudre à renvoyer un contingent de malades à Edenbrook, sous peine de les voir mourir.

Au cinquième jour, nous atteignîmes la triste et aride Vallée Agréable. A moins que les démons ne changent rapidement de direction, nous allions devoir les poursuivre sur les mers. Puisque nous ne pouvions suivre leur allure folle, je décidai de jouer ma dernière carte ; nous voyageâmes vers le Nord-Ouest jusqu’à atteindre la vieille route commerciale qui serpente le long de la côte Ouest, en espérant que les démons, après avoir atteint la mer suivraient sans réfléchir la Même route côtière.

L’ennemi, à la conduite décidément prévisible, fit à nouveau preuve de son manque d’intelligence, et je fus en mesure de le prendre en embuscade. Celle-ci fut décisive. Après une journée complète de repos au col étroit que j’avais choisi, mes hommes réussirent une embuscade d’une brutalité qui aurait rendu Archibald lui-Même jaloux. Aussitôt que la moitié des troupes ennemies fut passée, nous précipitâmes de lourdes roches le long de la falaise et les noyèrent sous une pluie de flèches. L’avalanche sépara l’ennemi en deux. Nous concentrâmes alors notre attaque sur ceux qui n’avaient pas encore atteint le col et ne bénéficiaient donc plus du soutien de leurs chefs à l’avant.

En quelques minutes, tous étaient morts sans qu’aucune perte ne soit à déplorer de notre côté. Le reste de l’armée en déroute, décimée par nos flèches et nos sorts, se dirigea vers le Nord. Aux vues du nombre restreint de démons qui avaient survécu, quarante-cinq au plus, et de la difficulté qui serait la nôtre pour les rejoindre, je déclarai que notre tâche était brillamment accomplie et nous passâmes la nuit à célébrer cette victoire.

Cette célébration, je le crains, fut prématurée. Alors que la nuit avançait, mes éclaireurs revinrent de patrouille et nous annoncèrent qu’une armée comptant des milliers de démons marchait sur nous. Je fus obligé de battre en retraite, chasseur devenu gibier.

Catherine, je profite de l’une de nos rares et brèves haltes pour t’écrire ces quelques mots. Nos poursuivants sont plus rapides et plus durs à la fatigue que nous. Mes éclaireurs et voyants certifient que les démons suivent encore notre trace, en dépit de nos efforts pour les égarer, et ces horribles tempêtes de neige semblent nous poursuivre tout comme l’armée ennemie. Je crains qu’il n’y ait, parmi nous un traître, qui laisse des signaux à nos poursuivants.

Mon amour, je veux que vous remettiez cette lettre à Wilbur Humphrey. Sa mission est de mettre sur pied une armée à même d’exterminer les démons, disons vingt-cinq mille hommes, et de le faire au plus tôt. Je désire également que vous vous adressiez à Rocklin, le Roi des Nains, afin de l’informer de la situation. Il viendra car le danger menace également nos deux royaumes et parce qu’il me doit une faveur pour mon aide lors des Guerres de Succession contre mon frère Archibald.

Pendant ce temps, nous fuirons vers l’Est en tâchant de trouver un endroit suffisamment fortifié pour contenir l’armée démoniaque jusqu’à l’arrivée des renforts. Je ne révèlerai notre destination qu’une fois que nous l’aurons atteinte, de crainte que cette missive ne soit interceptée. J’ai ordonné à Sulman de confier cette lettre à notre messager le plus rapide. Puissiez-vous recevoir cette lettre rapidement et réagir avec encore plus de célérité.

Je compte sur vous et vous assure que mes pensées sont tournées en permanence vers vous et Nicolaï.
Roland Ironfist


23 Août 1152


Mon amour,

Nous avons atteint Le château de Kriegspire avec l’ennemi à une journée de nous. Nous-nous sommes alors attachés à améliorer les fortifications en prévision de leur attaque. C’est le dernier message que vous recevrez avant que nous ne soyons secourus par l’armée que vous et Humphrey levez.

Je remercie les Dieux de m’avoir fait réserver ce château comme récompense à venir pour un chevalier ou un aristocrate fidèle. Il est désert depuis la fin de la Guerre des Successions, période où l’un des fidèles de mon frère l’occupait. Nos provisions sont maigres, elles ne nous permettront pas de tenir plus de deux semaines et nous comptons sur le ravitaillement que vous ou Rocklin ne manquerez pas de nous apporter. Mes forces ne sont guère adaptées à la défense, mais nous devrions pouvoir tenir jusqu’à l’arrivée des renforts. Hâtez-vous !

Nous avons exploré le château et y avons découvert de nombreux passages dérobés et autres surprises ; Dieu seul sait si nous ne trouverons pas un tunnel pour nous échapper ! Si les murailles ne sont pas sans brèches, les pièges, fosses et passages dérobés nous seront utiles. J’espère que nous n’en aurons pas besoin, mais mieux vaut être prêt à tout. Je serais soulagé si le vil nécromancien qui occupa ce château avait été suffisamment paranoïaque pour prévoir un tunnel afin de s’échapper.

Sulman m’a été d’une aide précieuse pendant toutes les heures difficiles que nous venons de traverser, et il a promis de rechercher les causes de ces tempêtes de neige pour en déceler une éventuelle origine divine, n’est-il pas après tout Maître de l’Air ?

Une nouvelle tempête s’est formée au-dessus du château, nous accablant déjà de neige et les conditions sont difficiles. Il semble que les démons apprécient particulièrement un climat froid. Quoi qu’il en soit, le siège devrait donner à Sulman tout loisir de découvrir l’origine de ces tempêtes. Peut-être le traître qui se trouve parmi nous n’y est pas étranger ?

La peur d’un tel traître gâcherait un peu mon sommeil, si je pouvais dormir dans une telle situation. Que pourrait gagner un homme d’une pareille traîtrise ? Un poste important dans la hiérarchie des démons ? Bien invraisemblable ! La fortune ? Les démons ont-ils Même de la fortune ? Pour quelle raison me trahirait-on ?

S’il y a un traître parmi nous, je mettrai sa vilenie à jour et le ferai pendre publiquement haut et court après l’avoir soumis aux pires tortures. La pensée qu’il est là, sous mon nez, me rend fou de rage. Il ne saurait y avoir pire créature qu’un traître. Même Archibald serait d’accord avec moi ! Bah, il ne sert à rien de se plaindre. Je suis sûr qu’il finira par se trahir lui-même.

Je dois vous laisser à présent afin de veiller sur les derniers préparatifs pour le siège. Sachez que si je ne devais plus jamais vous revoir, je vous aime Nicolaï et vous, de toutes mes forces. Et si vous n’éprouvez en retour ne serait-ce que la moitié de mon amour, hâtez l’envoi des secours.

Priez pour nous,
Roland Ironfist

P.S. : Si je ne devais pas revenir, dites à Nicolaï que le Troisième Oeil est dans le Puits. Il comprendra lorsque le temps sera venu. Cela lui revient de droit de part sa naissance et il en aura grand besoin s’il doit, un jour, régner.

 

 

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